Avril 2020 // Premiers travaux du confinement

Anne-Lucie raconte…

Le potager

“Au commencement du confinement…

“…j’ai suivi Cynthia, Magali, Lucie, Ben et Michael en forêt pour récolter la sève de bouleau, pour que Jonathan puisse s’en faire une cure (il a une spondylarthrite). Nous avons ensuite abandonné notre mission, au lendemain de l’alarme du « restez chez vous ». Le MARDI 17 MARS a été l’après-midi autour de ZORO ZORAÏ pour Jonathan, et nous nous sommes retrouvés en soirée Bastien, Habib, Cynthia, Alex au téléphone et moi, pour compter les cailloux et les plumes collectés dans la mallette de Zoro/Serge(*), que le public lui a laissé lors du dernier jour de résidence de Zoro Zoraï. Puis je perds la notion du temps et les activités se mélangent : des mangas, Zelda, Walking Dead, une expérience de méditation à plusieurs, des masques d’argile, la couture, la peinture, le ménage, un peu de travail pour Tedua, des appels téléphoniques, faire les courses et manger, les 30 ans de Lucie…

(*) Note de la rédaction ;-0 : Serg’Engarcia est le clown ‘politico-social’, pendant que Zoro Zoraï est le clown ‘poétique’ joué par Jonathan. Plus d’explications à venir par l’un des versants du clown lui-même…

Le potager

L’activité quotidienne est le jardin. Jonathan en est le chef de chantier, au service de la beauté.
Les fleurs ont pris la place des mauvaises herbes. Les semis préparés par Cynthia et Bastien sont bientôt prêts à être plantés dans les buttes bêchées par Jonathan, Cynthia, Habib et Bastien. La caravane est installée dans le jardin, ce qui nous offre un petit coin salon, salle à manger, et table de travail. Il y a aussi le coin du feu -ce coin-là date- où les voisins nous retrouvent le soir, attirés par la fumée. Nous avons ramassé les déchets autour de nos maisons, et contacté la Mairie de Floirac qui a mandaté une entreprise pour venir les ramasser. Nous avons gagné du terrain en coupant les grillages. Jonathan a installé un jardin-expo à partager entre les familles bulgares et turques et nous. "


Réunion de travail à Floirac…

…le mercredi 1er Avril, nous nous retrouvons Cynthia, Jonathan, Bastien, Habib, Lucie et moi autour de la table de la caravane pour reprendre le travail associatif pour Tedua.

Le potager

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“Les intérêts personnels…

À l’ordre du jour, un point sur nos intérêts personnels.
À tour de rôle nous exposons aux autres nos désirs, nos envies, nos rêves.

« Il ne peut y avoir que l’autre pour faire vivre mon intérêt personnel. » -jo

CYNTHIA est heureuse de pouvoir exprimer sa créativité avec Tedua et serait d’accord pour être prestataire pour d’autres structures : l’occasion de « gagner des thunes ». Pour cela, nous sommes d’accord que son travail doit gagner en visibilité et la forme et l’activité de son compte instagram ne sont pas ‘suffisants’. Elle tient à garder des « temps de chill » et est reconnaissante de cette vie collective. Elle souhaite continuer à jouer sur scène.

Le potager

HABIB rêve d’une vie de tribu-village connecté au monde. Il trouve un plaisir dans le champ de l’écriture numérique et ce que ça nous apporte à l’extérieur de nous 5. On remarque que c’est une discipline qui demande à bâtir, à sortir des idées et passer à l’action. L’intérêt est que cela devienne visible mais ça demande beaucoup de travail. D’après lui, le champ du numérique peut-être bénéfique pour notre économie. Il aimerait ne pas être seul, c’est pourquoi il se tourne vers Aquilenet, et surtout vers Sacha et Pierre, qu’il considère comme des amis. Jonathan suggère qu’il y ait une personne qui s’occupe de l’esthétique, dans leur équipe pour porter le message de l'économie pair-à-pair. Il souhaite produire des supports (multimédia) qui racontent une histoire dans le but de créer du lien. Il a envie de continuer à faire des vidéos mais rencontre un souci de stockage de données qui l’empêche de monter les vidéos déjà existantes (Zoro Zoraï, le festival de Noël), et reconnait que ce n’est qu’une envie non concrétisée. Il souhaite briller sur scène en clown.

LUCIE nous propose de nous aider au niveau visuel, sans faire du graphisme. Elle prend du plaisir à faire des affiches. Elle souhaite faire plus de choses créatives. Elle nous avoue qu’elle a peur de perdre sa liberté, peur de devoir faire. Pour la communication de Tedua, on propose de ne pas travailler à partir d’une charte graphique (logique de marque irréprochable) mais plutôt d’adapter chaque support visuel aux personnes à qui l’on parle et de qui l’on parle. Elle propose qu’on organise des temps de travail ensemble, d’autant que nous avons acheté une grande table chez Rizibizi autour de laquelle peut s’asseoir à 18 personnes !

« La gratitude est saine mais elle indique la nécessité que l’attention de l’autre soit là. Et si c’est mon attention que j’offre ? Observez comme ça fait du bien d’avoir l’attention des autres vers soi. Alors maintenant, offrez-la aux autres. » -jo

Le potager

BASTIEN apprécie le confort d’être tranquille, de n’avoir rien à faire, d’agir à partir de rien. Il avoue qu’enseigner la discipline du jeu (projet qu’il soit prof de théâtre pour ados) l’effraie. Jonathan lui rappelle que la partie intellectuelle lui est aussi offerte, qu’il n’a pas besoin de craindre le cérébral. Pour lui, la recherche a toujours commencé par un goût personnel. Comment s’appliquer maintenant à chercher pour le collectif ? Bastien a aussi un intérêt pour la vidéo et le montage. Un autre intérêt personnel est de briller sur scène en clown et participer au concours des incroyables talents – aussi pour donner de la visibilité à Tedua.
Il partage également ce rêve commun de vivre collectivement à la campagne.

« Prendre partie de ne plus écouter l’ordre établi ». -jo

ANNE LUCIE : “J’apprécie avoir des moments de rien et me tenir éloignée du salariat. Je souhaite m’employer à la créativité : faire l’expérience de se soumette à l’art sans tenir à garder le contrôle. Plus de confort matériel m’irait, que nos activités nous amènent plus d’argent. J’aimerais que Tedua se poursuive en école : l’école de la discipline du jeu, et que les spectacles de Zoro, le Clown et la fée, etc, tournent dépendamment et en lien avec l’école. J’apprécie être la chef de Tedua, je souhaite le rester et dépasser mon père dans l’art du management. Je partage le goût de jouer sur scène.

Le potager

JONATHAN souhaite la tranquillité. Il a goûté à de nouvelles formes d’écriture et y trouve un plaisir : ces nouvelles formes proposent un univers plus vaste, multiformes, multi budget. Il espère rencontrer un technicien lumière et son pour avoir cet expertise pour les spectacles. Il souhaite avoir un cadre et s’y sent à l’aise (ALEX s’est présenté à lui comme metteur en scène pour Zoro). Il aimerait pouvoir profiter d’un terrain disproportionné. On remarque qu’il a un goût pour l’espace extérieur. Il souhaite avancer dans cette proposition de nouvelle société et être témoin que ça commence à prendre. Et s’intéresser aux intérêts personnels de Violette. Il souhaite être le comédien du prochain spectacle qu’il écrit, “Zor et le gardien du phare”, et trouver la formule magique pour tous les intérêts personnels.

Et voici les intérêts personnels et économiques des clowns Zoro et Serg’Engarcia :

  • parler de l’écologie (alors que c’est un intérêt général) en indiquant que c’est un délire personnel
  • questionner le fait que sur terre, il y a des enfants qui meurent seuls dans la poussière (c’est aussi faire l’aveu que l’on s’en fiche) : la terreur que l’on crée à cause du manque d’attention. Que fait Serg’ face à un bébé qui meurt et comment s’en va-t-il ?

Quelques points clés abordés…

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  1. De nouveaux ‘dirigeants’ pour la collégiale de Tedua :
    Jonathan reste prestataire de Tedua concernant la discipline du jeu, et pas décisionnaire. On propose de changer le CA (membres du collège) et de proposer cette place aux personnes extérieures aux cours de théâtre, qui ont été présents et ont exprimé des mots, des gestes tendres envers l’association : Fred, Fabienne lune, Eric, Julie, Dominique, Christophe, … Que la vie associative reste le coeur de tout cela.

  2. La culture à l’heure du confinement:
    Suite à la demande de Fred d’avoir un support pour revoir le Clown et la Fée avec son fils, en attendant une prochaine date, et comme les différents acteurs culturels qui mettent en ligne leurs spectacles pendant le confinement, on se pose la question de mettre à disposition une jolie version imprimée et numérique du Clown et la Fée. Cependant, on tient à y installer un espace de conversation, pour sortir de l’acte étroit de seulement consommer un produit culturel.

Loïc à l'anniv de Lucie
  1. Des idées pour récolter des sous:
    Une idée de prestation nous passe par la tête : un accompagnement par l’art thérapie et la gestion de conflit dans les entreprises et associations. Cynthia souhaite animer un atelier gestion de conflit pour les asso. Bastien se propose en soutien. Habib a déjà vendu des prestations de conseil en communication sociale et en transition numérique auprès d’entreprises de toutes tailles, privées comme publiques. Jonathan sait animer des groupes d’individus autour d’un sujet commun par la discipline du jeu.

  2. Réflexion sur la préparation de l’année prochaine:
    On propose de travailler le théâtre l’année prochaine à partir de pièces de théâtre d’auteurs célèbres. On aimerait ouvrir plus d’heures de cours de clown et de théâtre. On doit changer de lieu pour les cours, trouver moins cher et toujours à Bordeaux. Ouvrir l’Ecole TeDua, tendre vers une école professionnalisante tout en gardant l’espace amateur (cf le premier dossier de demande de sponsoring rédigé en ce sens il y a 1 an)


Conclusion…

Le potager

“Puis retour aux activités dans le jardin, à Walking Dead, aux dîners, aux explorations. J’ai commencé à construire une cabane en tissus. Je ne me pose plus la question de quel jour on est… "


Anne Lucie Dumay (diffusion@association-tedua.fr) : écriture
Lucie Castet: relecture, mise en forme
Habib Belaribi : photos, mise en ligne